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Gravitographe

La machine à dessiner avec la gravité

Rajouté le jeudi 15 octobre 2026
Monticelli Marc , Programmation expressive (LLM)

Dispositif présenté lors de la fête de la science 2026 équipé d’un StreamDeck pour controler les trajectoires en plus de la souris.

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Dans le monde réel, personne ne s’amuse à tournoyer autour de plusieurs planètes. Quand on lance une sonde vers Mars ou Jupiter, on veut aller d’un point A à un point B — et comme le carburant est rare, on utilise la gravité elle-même : en frôlant une planète, la sonde gagne de la vitesse et se fait catapulter plus loin. C’est la fronde gravitationnelle, utilisée par la plupart des grandes missions spatiales, de Voyager à Rosetta.

Ici, nous avons détourné cette idée. Le Gravitographe n’a aucune mission à accomplir : c’est une machine à dessiner avec la gravitation. Le modèle est simple — des planètes immobiles qui attirent une fusée selon la loi de la gravitation universelle de Newton — mais les trajectoires, elles, ne le sont pas : la fusée plonge, s’enroule, s’échappe, revient… et trace des figures impossibles à deviner à l’avance.

Ce n’est pas un jeu au sens habituel : il n’y a rien à gagner. C’est ce que les créateurs de jeux vidéo appellent un software toy — un jouet plutôt qu’un jeu, que l’on manipule librement et dont on invente soi-même les défis. L’expression remonte à Bill Budge, auteur de Pinball Construction Set (1982), et a été popularisée par Will Wright avec SimCity (1989).

En jouant, on se surprend à sentir la gravitation : deviner qu’une planète va capturer la fusée, qu’un passage rapproché va la faire virer sec, qu’un tir à peine différent donnera un dessin totalement autre. C’est exactement cette intuition-là que cultivent celles et ceux qui conçoivent les trajectoires des sondes — avec des modèles autrement plus complets, mais la même idée en tête.

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